16 décembre 2019 50 ans d'aide sociale

16 juillet 1970: L’entrée en vigueur de la Loi de l’aide sociale se fait attendre

Le Collectif a retracé des archives qui nous ramènent au coeur des débats qui ont précédé ou suivi l’adoption de la Loi de l’aide sociale en décembre 1969.

L’article complet est reproduit ci-dessous (fautes de frappe et d’orthographe comprises).

L’édition complète du Soleil du Saguenay-Lac-Saint-Jean du 16 juillet 1970 se trouve sur le site de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.


Les assistés sociaux sont déçus de la nouvelle loi-cadre d’aide sociale

La Presse canadienne, 16 juillet 1970, page 12.

MONTREAL (PC) — L’annonce d’un nouveau retard pour la mise en application de la nouvelle loi cadre d’aide sociale a provoqué une vive déception chez les assistés sociaux, a déclaré mercredi Mlle Françoise Marchand, directeur général adjoint du Conseil de développement social.

Mlle Marchand a souligné au cours d’une interview que « ce qui est le plus grave, c’est qu’on fait naître chez les assistés sociaux un espoir qu’on ne comble jamais ».

Selon elle, cette nouvelle loi qui fut adoptée après plusieurs années de pression est une nette amélioration sur les conditions d’assistance actuelles. « Mais comme ça fait trois fois qu’on en remet l’application, a-t-elle ajouté, et même si le ministre promet qu’elle entrera en vigueur au début de 1971, on finit par ne plus y croire. »

D’autre part, M.Paul DeBois, président du Comité des assistés sociaux du Québec, qui poursuit depuis une semaine une grève de la faim pour forcer le gouvernement à appliquer immédiatement la loi votée en décembre dernier, a fait parvenir au ministre de la Famille et du Bien-être un télégramme qui demande pour l’immédiat la gratuité des médicaments et une hausse  des allocations sociales.

VIE DECENTE

Evoquant l’impatience des assistés sociaux, M. DeBois demande au ministre dans son télégramme si les non nantis devront se servir de la violence pour avoir droit à une vie décente.

Enfin, M. Pierre Pagé, directeur du service d’animation du Conseil de développement social, a affirmé que ce retard ne le surprenait pas « car les assistés sociaux ont toujours été les derniers servis”.