Étude de l'ISQ

L’effet du salaire minimum sur la rémunération des salariéEs syndiquéEs au Québec

Cette étude, effectuée par des économistes du ministère du Travail,  analyse 724 conventions collectives du secteur privé s'appliquant à 100 salariéEs et plus et étant en vigueur lors de la hausse de 50¢ du salaire minimum du 1er mai 2009.

On peut tirer 2 grandes conclusions de cette étude.

Premièrement, elle conclue que la majorité des conventions collectives analysées contient des clauses pour ajuster automatiquement le salaire lorsqu'il y a une hausse du salaire minimum.

Deuxièmement, elle conclue qu'en milieu syndiqué, la hausse du salaire minimum n'entraîne pas d'effet d'émulation: les personnes qui gagnaient entre l'ancien taux du salaire minimum (8,50 $ l'heure) et le nouveau taux (9,00 $ l'heure) voient leur salaire augmenter alors que celles qui gagnaient juste un peu plus que le nouveau taux ne bénéficient d'aucune augmentation. En d'autres mots,  les conventions collectives ne comprennent pas de clauses qui ajustent automatiquement le salaire des personnes qui gagnent plus que le nouveau taux du salaire minimum. Cela entraîne 2 conséquences:

  • La hausse du salaire minimum n’a des effets notables sur les coûts de main-d’œuvre en milieu syndiqué que si le salaire de plusieurs employés se situe dans les premiers échelons.
  • L’effet du salaire minimum sur la structure salariale en milieu syndiqué écorche le principe d’une rémunération supérieure en fonction de l’ancienneté. En effet, l’effet de la hausse du salaire minimum est souvent d’éliminer les premiers échelons, c'est-à-dire ceux qui se retrouvent alors sous le taux du nouveau salaire minimum. En réduisant le nombre d’échelons, les personnes nouvellement embauchées se retrouvent donc au même niveau que d’autres employéEs qui ont travaillé des centaines d’heures pour arriver au même niveau salarial.

L'effet de la hausse du salaire minimum sur les personnes qui gagnent au-dessus de celui-ci est donc différent chez les syndiquéEs que chez les non-syndiquéEs, où l'impact de la hausse du salaire minimum se faire sentir jusqu'à ce que le taux horaire dépasse 26 % de la valeur du salaire minimum.

Nous nous permettons toutefois d'ajouter quelques bémols à cette étude. À partir des conventions collectives analysées, elle avance qu’il n’y a pas d’effet d’émulation en milieu syndiqué, mais…

  • l’étude montre que le salaire minimum de 8,50 $ à 9 $ l’heure a entraîné en moyenne le retrait de 2,4 échelles salariales des conventions collectives touchées : cela a fait passé la rémunération moyenne du 1er échelon de 8,80 $ à 9,27 $ l’heure. Le salaire d’entrée se trouve donc un peu au-dessus du salaire minimum.
  • même s’il n’y a pas d’augmentation salariale prévue pour les employés qui gagnent au-dessus du salaire minimum dans la convention en vigueur lors de l’augmentation, n’est-il pas raisonnable de s’attendre à ce que l’effet se fasse sentir lors de la prochaine négociation collective? Ne peut-on pas s’attendre à ce qu’il y ait alors une négociation pour faire augmenter le nombre d’échelons et pour que le salaire des salariés qui ont plus d’ancienneté se distance davantage du salaire minimum?

Créé le15 octobre 2016
Dernière modification21 octobre 2016

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Effets du salaire minimum sur la rémunération des syndiqués au Québec

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