Une lutte de longue haleine

Campagne de financement 2016

Voici revenu ce temps de l’année où le Collectif pour un Québec sans pauvreté fait appel à votre générosité solidaire dans le cadre de sa campagne de financement.

Le Collectif, qui ne dispose d’aucun financement de l’État, doit dénicher chaque année environ 30 000 $. Ce montant lui est nécessaire pour assurer une vigilance et s’opposer aux reculs en matière de lutte à la pauvreté, ainsi que pour maintenir son réseau en action et proposer des avancées. Des démarches pour obtenir un soutien financier de l’État ont été entreprises mais n’ont pas encore abouti. C’est pourquoi le Collectif fait appel à nouveau aux personnes et aux organisations qui – comme vous! – appuient sa vision de la justice sociale.

Une lutte toujours nécessaire

Le Québec a beau être une société relativement riche, avoir des droits garantis par des chartes et même une loi visant à lutter contre la pauvreté, un fait demeure : un million de Québécoises et de Québécois vivent en situation de pauvreté. Parmi ces personnes, plus de 840 000 ont un revenu à peine suffisant pour couvrir la moitié des besoins de base reconnus.

Malgré ces tristes chiffres, le gouvernement du Québec s’entête à faire des choix politiques et budgétaires qui font en sorte que les plus riches s’enrichissent et que les plus pauvres, eux, s’appauvrissent. D’où la nécessité de continuer à lutter avec ardeur contre la pauvreté.

Une année chargée

Elle n’est pas encore terminée mais, déjà, on peut dire que l’année 2015-2016 aura été très chargée pour le Collectif. Voici un petit aperçu du travail réalisé jusqu’ici.

L’Observatoire sur la pauvreté et les inégalités au Québec a officiellement amorcé ses travaux en août dernier. Déjà, il compte plusieurs publications à son actif, dont un important document d’analyse et de formation qui, à partir de chiffres et de données statistiques, dresse un portrait des personnes assistées sociales au Québec. Plusieurs mythes et idées reçues y sont déboulonnés.

Le Carrefour de savoirs sur la lutte aux préjugés, mis sur pied il y a quatre ans, s’est poursuivi sur une base mensuelle et a donné lieu à une exposition hors du commun. En effet, au moyen d’une série de photos, les participantEs du carrefour ont donné à voir des plaisirs que les personnes en situation de pauvreté peuvent difficilement s’offrir, en raison de l’insuffisance de leurs revenus. Ou encore des plaisirs qui risquent, si elles parviennent à se les offrir, de leur valoir des regards réprobateurs ou quelques cancans, en raison des nombreux préjugés dont elles sont l’objet.

Le Collectif a par ailleurs participé aux diverses consultations organisées par le gouvernement du Québec, que ce soit sur les finances publiques, le budget pour l’année 2016-2017 ou le prochain plan d’action en matière de lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale, prévu pour mars 2017.

Mais le dossier qui aura le plus occupé le Collectif cette année, c’est sans contredit le projet de loi 70. Annoncé au mois de novembre, ce projet de loi cherche, par la création d’un programme appelé Objectif emploi, à réintroduire des obligations et des pénalités financières au sein du programme d’aide sociale. Son adoption marquerait un dangereux glissement : le droit à un niveau de vie suffisant, qui est pourtant un droit protégé, deviendrait alors conditionnel à l’exécution d’une obligation. En matière d’intégration sociale et professionnelle, cela va à l’encontre de ce qui est recommandé par la littérature scientifique. En matière de justice sociale, cela ramènerait le Québec des décennies en arrière.

C’est pourquoi le Collectif n’a pas ménagé ses efforts au cours des derniers mois pour convaincre le gouvernement de retirer ce projet de loi. Communiqués et conférences de presse, actions de visibilité et de sensibilisation diverses, rencontres avec le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, engagement soutenu au sein de la Coalition Objectif Dignité, mobilisation de 290 professeurEs et chargéEs de cours universitaires s’opposant au projet de loi 70…

Toutes ces actions ont permis au Collectif de créer un bon rapport de force avec le gouvernement. Un rapport de force qu’il a bien l’intention de mettre à profit dès septembre, lors de la rentrée parlementaire et de la reprise des travaux de la commission chargée d’étudier le projet de loi 70.

Pour un Québec sans pauvreté et riche de tout son monde

Votre soutien financier est important. Il nous permet de mener la lutte pour une plus grande justice sociale. C’est pourquoi nous espérons que vous le maintiendrez et même, dans la mesure du possible, que vous le bonifierez!

En raison de la dimension politique de son travail, le Collectif n’a pas droit au statut d’organisme de bienfaisance. Votre contribution est donc d’autant plus appréciée que vous la faites « à la dure », c’est-à-dire sans possibilité d’obtenir un reçu aux fins de l’impôt.

La confiance que vous exprimez ainsi nous donne le courage et le souffle nécessaires pour poursuivre cette lutte de longue haleine qui vise à faire du Québec une société sans pauvreté, et riche de tout son monde.

Merci d’avance.

Solidairement,

Joan Tremblay, présidente
Collectif pour un Québec sans pauvreté

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