13 novembre 2017 Communiqué

Rapport du Comité d’experts sur le revenu minimum garanti: Une irresponsable remise en question du minimum à garantir

Le Comité d’experts sur le revenu minimum garanti (RMG) vient de confirmer qu’il recommande au gouvernement de plafonner l’aide sociale à 55% de la Mesure du panier de consommation (MPC). Pour justifier cette recommandation qui repose sur des préjugés, le comité introduit la notion de « besoins minimaux ». Le Collectif pour un Québec sans pauvreté regrette qu’au lieu de faire preuve d’audace pour lutter contre la pauvreté, le comité nous propose de réduire la hauteur des objectifs à atteindre.

 La MPC n’est pas un indicateur de sortie de la pauvreté

« Il est nécessaire de rappeler que la MPC est un indicateur de sortie de la grande pauvreté, lance Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté. Une fois rendues à ce seuil (17 716 $ par année pour une personne seule à Montréal en 2016), les personnes couvrent leurs besoins de base, mais elles ne sont pas sorties de la pauvreté pour autant. Ainsi, l’atteinte de la MPC devrait être un minimum et non l’objectif ultime. »

« Viser 55% de la MPC, c’est attaquer de front le consensus social selon lequel elle représente un seuil minimal pour couvrir les besoins de base. C’est faire le choix de maintenir des centaines de milliers de personnes dans la misère. Le comble, c’est quand on nous dit que cela devrait aider les gens à intégrer le marché du travail. Comme si on proposait de les écraser un peu plus pour les aider à se relever. Cette vision rétrograde démontre l’ampleur des préjugés qui ont guidé le travail du comité d’experts. Ce n’est pas vrai que les personnes en situation de pauvreté le sont par choix. »

Des recommandations peu surprenantes

« Malheureusement, nous croyons que c’est exactement le genre de recommandations que le gouvernement attendait, poursuit M. Petitclerc. C’est lui qui a choisi les experts du comité, trois économistes. C’est lui qui a décidé de se priver d’une multitude d’expertises et de points de vue divergents qui auraient pu enrichir l’analyse. Ce manque de consultation et de transparence nous apparaît d’autant plus irresponsable que le ministre nous a dit vouloir s’inspirer du rapport sur le RMG pour l’élaboration du plan de lutte à la pauvreté attendu cet automne. »

« En plus de cela, le mandat confié au comité d’experts trahit l’orientation que le gouvernement voulait donner aux travaux. Nulle part n’était-il mentionné que l’amélioration du régime québécois de soutien du revenu devait viser la lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale. Le mandat était davantage orienté vers la recherche de moyens de simplifier le régime et d’en permettre une gestion plus efficiente, tout en favorisant l’incitation au travail. »

Cinq pistes d’action pour un plan de lutte à la pauvreté audacieux visant l’élimination de la pauvreté

Monsieur Petitclerc rappelle que, dans leur ensemble, « les recommandations sont incompatibles avec la promesse du gouvernement de livrer un troisième plan de lutte à la pauvreté « ambitieux ». Pour nous, le RMG aurait pu être un outil parmi d’autres pouvant contribuer à la lutte contre la pauvreté. L’important est que le prochain plan de lutte à la pauvreté du gouvernement comporte des mesures audacieuses de redistribution de la richesse, peu importe que ce soit sous la forme d’un RMG ou non. Nous lui avons déjà soumis nos suggestions de pistes d’action. »

Les pistes d’action suggérées au gouvernement par le Collectif :

  •  Rehausser les protections publiques pour assurer à tous et toutes un revenu au moins égal à la mesure du panier de consommation (MPC), soit 17 716 $ par année (2016) pour une personne seule;
  • Augmenter le salaire minimum à  15 $ l’heure (2016) afin qu’une personne seule travaillant 35 heures par semaine sorte de la pauvreté;
  • Améliorer de façon continue l’accès, sans discrimination, à des services publics universels et de qualité;
  • Réduire les inégalités socioéconomiques entre les plus pauvres et les plus riches;
  • Mettre en place une campagne sociétale visant à changer les mentalités et à contrer les mythes sur la pauvreté et les préjugés envers les personnes qui la vivent.

 

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