Une hausse qui maintient les travailleurs et les travailleuses dans la pauvreté
Québec, 1er mai 2026 – Le Collectif pour un Québec sans pauvreté dénonce la hausse de seulement 0,50 $ du salaire minimum, porté aujourd’hui à 16,60 $ l’heure. Alors que le coût des aliments, du transport et du logement accentue les difficultés des moins nanti∙es, le gouvernement choisit encore de protéger les profits des entreprises plutôt que la qualité de vie des personnes au bas de l’échelle.
Une hausse dérisoire
« Avec cette augmentation, une personne seule travaillant 35 h par semaine toute l’année verra son revenu disponible croître d’à peine 300 $, soit moins de 6 $ par semaine. Un montant qui ne change rien pour celles et ceux qui vivent dans la précarité. Le gouvernement maintient les gens dans la pauvreté plutôt que de les en sortir », affirme Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif.
Selon la Mesure du panier de consommation (MPC), il faut un revenu disponible de 25 867 $ par année pour qu’une personne seule à Montréal puisse couvrir ses besoins de base. Au taux de 16,60 $, un emploi à temps plein ne dépasse ce seuil que d’environ 1780 $.
Il existe au Québec un large consensus autour de l’idée que, pour mener une vie exempte de pauvreté, il ne suffit pas de satisfaire ses besoins essentiels : il faut aussi une marge de manœuvre budgétaire pour faire face aux imprévus et exercer de vrais choix.
D’après le revenu viable de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques, qui prend en compte cette nécessaire marge de manœuvre, il faut 41 585 $ par année pour qu’une personne seule à Montréal atteigne ce niveau de vie, soit un salaire horaire autour de 30 $ l’heure.
Un équilibre qui penche toujours du même côté
Le ministre du Travail, Jean Boulet, justifie la hausse de 3,11 % par « le contexte économique actuel », qui exigerait une évolution « équilibrée » du salaire minimum afin de préserver à la fois le pouvoir d’achat des salarié∙es et la compétitivité des entreprises.
« Le problème avec ce prétendu “équilibre”, c’est qu’il penche toujours du côté des entreprises. Leur “capacité de payer” l’emporte systématiquement sur celle des travailleurs et travailleuses à faible revenu. Pourtant, elle aussi a une limite. Une personne sur cinq ayant eu recours à une banque alimentaire l’an dernier avait un salaire comme principale source de revenus. Pour plusieurs, cette limite est déjà largement franchie », poursuit M. Petitclerc.
Une méthode à géométrie variable
« Ces dernières années, le gouvernement s’était donné comme repère un ratio de 50 % entre le salaire minimum et le salaire moyen. En mars dernier, le salaire moyen était de 36,74 $. Il n’a donc même pas respecté sa propre méthode cette année. L’appliquer n’aurait pas suffi, mais cela aurait quand même été mieux que ce qui est accordé aujourd’hui », conclut M. Petitclerc.
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