Le Collectif tient une session d’urgence du Parlement de la rue à l’Assemblée nationale

Québec, le 13 décembre 2004 - Craignant l'usage imminent du bâillon par le parti au pouvoir pour imposer l'adoption du projet de loi 57 sur l'aide sociale, le Collectif pour un Québec sans pauvreté a tenu aujourd'hui une session d'urgence du Parlement de la rue à l'Assemblée nationale pour marquer son objection à l'adoption de ce projet de loi et pour exiger l'indexation complète de l'ensemble des prestations d'aide sociale pour janvier 2005. Une cinquantaine de citoyennes et de citoyens étaient attendus à la cafétéria de l'Assemblée nationale.
Le Collectif s'insurge contre les multiples violations à la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale faites par le présent gouvernement. Rappelons qu'il y a deux ans jour pour jour l'Assemblée nationale adoptait cette loi à l'unanimité.
Les travaux prévus au feuilleton de cette session d'urgence comprenaient :

-une motion anti-bâillon,
-des constats d'infraction à la loi sur la pauvreté,
-un vote de non confiance face à la façon dont le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille traite la question de l'aide sociale,
-une interpellation au premier ministre pour sortir de l'impasse,
-ainsi que des motions sur le retrait du projet de loi 57, la pleine indexation des prestations d'aide sociale, la couverture des besoins à l'aide sociale, l'abolition du mot démuni pour désigner les personnes en situation de pauvreté et la lutte contre les préjugés.

Il est encore posssible de résoudre l'impasse

Le Collectif rappelle qu'il est encore temps de retirer le projet de loi et que le Conseil des ministres peut et doit investir maintenant les 14 M$ nécessaires pour indexer complètement l'ensemble des prestations d'aide sociale pour janvier 2005. Il exige un régime de sécurité du revenu qui couvre les besoins essentiels dans la dignité, sur une base de droits. Les appuis reçus montrent qu'il n'est pas seul à l'exiger. C'est aussi la tendance fortement majoritaire qui s'est dégagée des auditions en commission et qui a été reprise pendant les débats de la dernière semaine autour de l'adoption du principe de la loi. Ne pas prendre en compte une volonté citoyenne aussi largement exprimée serait antidémocratique.
«La réforme en cours est non seulement illégitime, mais coûteuse pour les solidarités, rappelle Vivian Labrie, la porte-parole du Collectif. Pour donner un seul exemple, il faudrait 40 guignolées par année comme celle de jeudi dernier à Montréal, pour compenser le 14 M$ de perte de pouvoir d'achat que le gouvernement infligera aux deux-tiers des personnes assistées sociales en janvier en n'indexant qu'à demi leur prestation. Cette prestation rappelons-le, n'est que de 533$ pour les personnes jugées aptes au travail. Comment le gouvernement pense-t-il que les personnes et les communautés pourront compenser ce qu'il soustrait au solide moyen de solidarité collective que constituent les finances publiques ? Et tout le reste est à l'avenant. On voit ici le rôle destructeur des préjugés. Il faut arrêter ça. D'où l'importance de l'objection citoyenne.»

Une action suite à l'impasse générée par l'approche du gouvernement

Cette action survient après plusieurs tentatives des citoyens et citoyennes pour sortir de l'impasse générée par l'attitude du gouvernement au cours des derniers mois dans sa façon de transformer le régime d'aide sociale. Après avoir exposé sa position et ses propositions en commission parlementaire, le Collectif a manifesté son objection à l'adoption du principe du projet de loi 57 par sa présence en Chambre pendant toute la durée des débats sur le principe de la loi, du 1er au 8 décembre dernier. Le 8 décembre dernier il a transmis 501 déclarations de groupes et 4043 déclarations de personnes de tous âges, occupations, régions, en appui à sa position à deux députéEs de l'opposition... et une chaise vide, le parti au pouvoir ayant refusé à ses députéEs de les recevoir. Les déclarations ont été déposées en Chambre mercredi dernier, le 8 décembre. L'étude article par article a commencé jeudi soir le 9 décembre. Curieusement, malgré l'empressement du ministre à faire adopter sa loi, la commission n'a pas été appelée à siéger vendredi le 10 décembre.
Cette session d'urgence est la troisième à être tenue par le Parlement de la rue et la première à être convoquée à l'Assemblée nationale du Québec.
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Créé le13 décembre 2004
Dernière modification19 août 2015

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